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Exportations brésiliennes vers l’UE : +30 % depuis l’accord Mercosur, mais quatre contrôles décident encore de l’entrée

L’accord fait croître les volumes ; il ne supprime aucun contrôle à l’arrivée. Origine, acier et MACF, EUDR, dossier d’entrée : ce que je vérifie avec les exportateurs brésiliens et leurs importateurs européens avant le départ.
20 octobre 2026 par
Exportations brésiliennes vers l’UE : +30 % depuis l’accord Mercosur, mais quatre contrôles décident encore de l’entrée
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Le 14 octobre, le ministre brésilien des Affaires étrangères a annoncé que les exportations du Brésil vers l’Union européenne ont progressé de 30 % entre mai et septembre 2026, par rapport à la même période de 2025. L’accord UE–Mercosur s’applique à titre provisoire depuis le 1er mai. Plus de volume, c’est une bonne nouvelle. C’est aussi plus de marchandises exposées à des contrôles européens qui, eux, n’ont rien assoupli. Voici les quatre points que je vérifie en premier avec les exportateurs brésiliens et leurs importateurs européens.

Un accord qui ouvre le marché, pas la frontière

Un droit de douane réduit se demande ; il ne s’applique pas automatiquement. Il faut que le produit soit originaire au sens de l’accord, que la preuve d’origine soit établie dans la forme prévue, et que la facture, le classement tarifaire et la déclaration racontent la même histoire. Quand l’un des trois diverge, le résultat est connu : droits pleins, régularisation, parfois contrôle a posteriori sur les expéditions précédentes. J’avais détaillé ce mécanisme en mai ; il reste entier.

Contrôle 1 — l’origine préférentielle

Avant la première expédition sous l’accord, je demande trois choses à l’exportateur : la nomenclature de ses produits, le détail des matières non originaires incorporées, et la règle de liste applicable à chaque position. Ce travail prend quelques jours ; il évite des mois de contentieux. Côté importateur, je vérifie que le représentant en douane dispose de la preuve d’origine avant l’arrivée, pas après.

Contrôle 2 — l’acier, les métaux et le MACF

Depuis le 1er octobre 2026, tout acier importé dans l’UE doit être accompagné de la preuve de son pays de fusion et de coulée. Un certificat d’usine incomplet suffit à bloquer un conteneur. Pour les produits couverts par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (acier, aluminium, ciment, engrais, hydrogène, électricité), le régime définitif s’applique depuis le 1er janvier 2026 : l’importateur européen doit être déclarant MACF autorisé, et l’exportateur brésilien doit pouvoir fournir des données d’émissions exploitables. Sans ces données, l’importateur est taxé sur des valeurs par défaut, généralement défavorables.

Contrôle 3 — café, soja, viande bovine, bois, cuir : l’EUDR

Le règlement européen sur la déforestation s’applique aux grandes entreprises à partir du 30 décembre 2026 et aux plus petites à partir du 30 juin 2027. La date tient : des simplifications sont encore discutées à Bruxelles, mais aucune majorité ne se dessine pour un nouveau report. Concrètement, chaque lot doit être rattaché aux coordonnées de géolocalisation des parcelles et à une déclaration de diligence raisonnée déposée avant la mise sur le marché. Pour les filières brésiliennes du café, du soja, de la viande bovine, du bois et du cuir, c’est le chantier de cet automne.

Contrôle 4 — le dossier d’entrée

Les trois premiers contrôles portent sur le produit. Le quatrième porte sur le dossier : numéro EORI de l’importateur valide, classement tarifaire confirmé, valeur en douane documentée, représentant en douane désigné et informé, données de sûreté ICS2 complètes avant le chargement. C’est le moins spectaculaire des quatre, et c’est celui qui immobilise le plus de conteneurs.

Ce que je prépare, et ce que je ne fais pas

CTB Group prépare le dossier prêt à déposer : matrice d’origine produit par produit, liste des documents attendus avec responsable et échéance, données MACF et EUDR collectées auprès des fournisseurs, puis coordination du représentant en douane et du transitaire choisis par l’entreprise. Nous ne déposons pas la déclaration et ne nous substituons pas au représentant en douane : elle reste déposée par votre déclarant, sur un dossier qui ne lui réserve aucune surprise.

Si vous exportez du Brésil vers l’Europe, ou si vous importez depuis le Mercosur, le bon moment pour vérifier ces quatre points est avant la prochaine commande, pas à l’arrivée du navire. Le premier échange est offert.

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Sources

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